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10 et 11 novembre 1918

Les deux derniers jours de combat de la Brigade sud-africaine

tiré de South African Forces in France de John Buchan.

 

A 7 heures, le matin du dimanche 10 novembre - à peu près au moment où la délégation allemande arrivait à  Spa (lieu du Quartier général allemand) avec les conditions d'Armistice de Foch - la colonne sortait de Solre-le-Chateau sur la route de Beaumont, le Lieutenant-Colonel H.H. Jenkins (commandant le 1st SAI), avec le 1st Regiment, formant l'avant-garde. A 1,6 km à l'Est, un petit pont avait été détruit, et il fallut un certain temps pour le réparer, aussi ce ne fut pas avant 9 h 30 que la tête de la colonne ariva à Hestrud. Le 12th Lancers, en possession de la localité, rapporta que l'ennemi était en force considerable sur la hauteur au Nord et au Sud de Grandrieu. En conséquence, Tanner arrêta le corps principal sous le couvert du Bois de Madame, et ordonna au 1st Regiment, après une brève reconnaissance, de se déployer pour attaquer dans le but de dégager la route pour la colonne. L'attaque du 1st Régiment, sur un front de trois compagnies, débuta à 10 h 30 par le passage de la rivière Thure, le pont ayant été aussi détruit. L'ennemi, une partie du Corps de Réserve de la Garde, ouvrit les vannes d'un réservoir d'eau en amont, avec pour conséquences que les troupes assaillantes se retrouvèrent momentanément isolées par l'inondation. Il devenait évident qu'elles faisaient face à une position d'arrière-garde organisée, fortement tenue par des mitrailleuses, et soutenue par de l'artillerie.

Les flancs de l'avance étaient exposés ; et comme le gros de la 5th Cavalry Brigade n'était pas arrivé, le General Bethell (Commandant de la Bethell's Force et de la 66th East Lancashire Division) fit avancer la 199th Brigade sur la droite des Sud-Africains en direction de Sivry, où elle fit la liaison avec le 20th Hussars. Les instructions de l'avant-garde était de rester en contact avec l'ennemi, mais de ne pas attaquer si il se trouvait dans une forte position. En conséquence, Tanner (Commandant la Brigade sud-africaine) ne poursuivit pas la progression, et dans l'après-midi, le 1st Regiment reçut l'ordre de se retrancher. Il était pensé que les Allemands se retireraient probablement durant la nuit, aussi des patrouilles furent organisées ; mais à l'aube du 11, la situation n'avait pas changé. Dans le même temps, le pont à Hestrud avait été réparé par le Génie.

Le matin du lundi 11 novembre était froid et brumeux, un temps identique à celui rencontré à Cambrai une année auparavant. Très tôt, alors que les Canadiens de la 1re Armée de Horne entraient dans Mons, le 1st Regiment attaquait, mais progressa peu, bien qu'une patrouille sous les ordres du Second-Lieutenant Cawood parvint à gagner du terrain sur le flanc gauche. A 8 heures, une avance considérable fut exécutée sur la droite, où le 20th Hussars traversa Sivry. A 10 heures, Tanner reçut par téléphone la nouvelle qu'un Armistice avait été signé. "Les hostilités", indiquait l'odre divisionnaire, "cesseront à 11 heures aujourd'hui, 11 novembre. Les troupes demeureront sur la ligne atteinte à cette heure, positions qui devront être immédiatement transmises à l'Etat-Major de l'avant-garde de la 4e Armée. Des précautions défensives seront prises. Il n'y aura aucun contact de toute sorte avec l'ennemi jusqu'à nouvel ordre". La nouvelle avait du arriver chez l'ennemi plus tôt, car il signala son arrivée par une accroissement du bombardement d'artillerie, comme si il avait décidé de ne pas avoir de surplus de munitions quand l'heure de la trêve arriverait.

A 11 heures tapantes, le feu des deux côtés cessa. Vint un moment de silence dramatique, puis un son ressemblant à un vent léger soufflant le long des lignes - l'écho des hommes criant tout le long du front. A cette heure, la signification de la Victoire ne pouvait être réalisée par les troupes fatiguées ; elles savaient seulement que le combat avait cessé, et qu'elles pouvaient quitter leurs tranchées sans danger. le "geste" final fut dévolu à l'arme qui, dès le début de la guerre, avait été la plus efficace au service de l'ennemi. Deux minutes avant 11 heures, une mitrailleuse ouvrit le feu à environ 200 mètres de nos troupes de tête à Grandrieu, et tira toute une bande de munition sans une pause. Un mitrailleur allemand fut ensuite aperçu se lever à côté de son arme, enlever son casque et, se retournant, marcher lentement vers l'arrière.

A l'heure de l'Armistice, la ligne atteinte par l'avant-garde allait de Montbliart au Sud, passait à l'Ouest de Sautain, traversait le Bois de Martinsart, contournait la lisière est de Grandrieu jusqu'aux abords ouest de Cousolre. Elle représentait le point le plus oriental de toutes les troupes britanniques en France. Les Sud-Africains avait l'honneur de terminer la Guerre comme le fer de lance de l'Avance vers la Victoire.